« Les arts du spectacle africain, outil d’intégration économique et sociale ». C’est le thème du Marché des Arts du Spectacle Africain (MASA) dont la 14e édition se déroule en Côte d’Ivoire du 11 avril au 18 avril 2026. C’est, pour ce pays dont l’art de l’hospitalité est inscrit dans ses racines les plus profondes, une nouvelle occasion d’ouverture et d’accueil de toute l’Afrique et du Monde. La Côte d’Ivoire, après la blessure désormais apparemment cicatrisée de la crise postélectorale de 2010-2011, vit à l’heure de la réconciliation. Beaucoup de ses filles et de ses fils, qui étaient en exil, sont rentrés. Personne n’a été inquiété. Les torts ont été réparés pour la plupart. Et le pays avance à un rythme qui ne rivalise qu’avec la beauté de nouvelles infrastructures dans quasiment tous les secteurs de la vie, en attendant l’inauguration prochaine de ce qui sera, certainement pendant quelques années, la plus haute tour d’Afrique en plein cœur du Plateau, centre névralgique des affaires.
Et une question se pose aux observateurs. Ce monstre sacré du cinéma et du théâtre ivoirien et africain n’a-t-il pas suffisamment souffert de l’exil à lui imposé ? La Côte d’Ivoire est-elle réellement réconciliée ou non ? Est-ce ainsi que la Côte d’Ivoire honore ses héros et porte-flambeaux de sa culture ?
Cet homme mérite beaucoup plus qu’un titre d’Ambassadeur, statut que pourrait néanmoins lui proposer et octroyer le Président Alassane Ouattara avec rente viagère et privilèges liés à la fonction. On le sait, il n’est qu’une victime collatérale de l’horrible crise que la Côte d’Ivoire a connue. Ceux qui connaissent l’humilité de l’homme savent qu’il ne pourrait de lui-même solliciter auprès du Président de la République ou de la Première Dame Dominique Ouattara l’affectation ou l’octroi d’une résidence digne de son rang dans son propre pays. Mais d’autres voix, telles que la nôtre, plaident en ce sens par respect, dignité et reconnaissance à l’égard de cet immense Artiste. Le chef de l’Etat et la première Dame lui ont déjà manifesté leur admiration et amitié, tout comme plusieurs autres chefs d’Etat qui le tiennent aussi en amitié et lui manifestent leur affection.
Cette 14e édition du MASA aurait été une opportunité pour la Côte d’Ivoire de l’inviter et de lui demander de rentrer définitivement ; là où des pays frères lui ont proposé de déposer ses valises chez eux. Mais l’enfant d’Abengourou reste fondamentalement attaché à sa terre natale quoiqu’il soit et se considère comme un citoyen Africain sans frontière et un citoyen du monde tout simplement. Son absence remarquée à ce grand rendez-vous qu’est le MASA devrait interpeller le Président de la République et la Première Dame qui le tiennent pourtant en grande estime. Ne brûlons pas nos fétiches !
Lorsqu’il était aux commandes du Palais de la Culture, quel faste ne déployait-il pas pour donner aux sœurs et frères qui venaient nous visiter à l’occasion du MASA la plus belle des images de la Côte d’Ivoire ?
Sidiki Bakaba, selon des observateurs et des millions d’Ivoiriens, après le décès de sa femme n’attend rien de la Côte d’Ivoire si ce n’est la paix et la réconciliation véritables. Le thème du MASA 2026 qui prône l’intégration économique et sociale à travers les arts du spectacle, est bien à propos concernant le dossier « BAKABA ». Le Président de la République et la Première Dame Dominique Ouattara de par leur magnanimité entendrons certainement l’écho de cet article et diront à l’égard de cette icône de la culture ivoirienne la parole qui apaise, panse les blessures et guérit.
Christian Kocani