Dans une interview accordée à son domicile parisien au site de Bloomberg et publiée le 05 septembre 2025, l’ex-patron du Crédit Suisse et président du PDCI-RDA a avoué avoir commis beaucoup d’erreurs. « Un million », dit-il lorsque la journaliste, animateur et auteur britannique Mishal Husain lui demande de savoir les erreurs qu’il aurait commises. « Beaucoup trop pour les citer toutes. Je fais des erreurs tous les jours », confie Tidjane Thiam arguant qu’il avait l’habitude de dire ce qui compte, ce sont vos résultats. Si vos résultats sont bons, aucune mauvaise presse ne pourra vous détruire. Et si vos résultats sont mauvais, aucune bonne presse ne pourra vous sauver ». Malheureusement, reconnait-il, « cela n’a pas fonctionné au Crédit Suisse. Je pensais que mes résultats étaient si bons que toutes ces insinuations ».
Selon Tidjane Thiam, « la Côte d’Ivoire et l’Afrique sont les seuls endroits au monde où l’on m’appelle le jeune Thiam. Parce que je suis jeune selon les critères politiques africains ». Poursuivant, déplorera-t-il qu’à ses 63 ans, on le qualifie toujours de jeune au point de lui demander pourquoi il est pressé de vouloir briguer un poste présidentiel à un tel âge. « Tu as le temps. Pourquoi es-tu si pressé ? Tu n’as que 63 ans. Si tu as 80 ans, tu pourrais être contrarié. C’est le seul endroit au monde où l’on me qualifie de jeune à 63 ans. Ce n’est pas bien », a-t-il fustigé.
Même si cette donne semble le gêner, il croit pouvoir comprendre les raisons d’une telle réalité en Afrique. « L’Afrique est un continent jeune, où l’âge moyen dans de nombreux pays est d’environ 20 ans. Mais l’âge moyen des dirigeants dépasse 60 ans. Le Camerounais Paul Biya, 92 ans, est le plus ancien chef d’État en exercice au monde. Teodoro Obiang Nguema Mbasago, 82 ans, président de Guinée équatoriale, est le plus ancien président du monde, ayant pris ses fonctions en 1979 », justifie-t-il.
Si Thiam déplore une chose en ce moment, c’est selon lui, de n’avoir pas le droit de se présenter à l’élection du président de la République. « Le point négatif, c’est que je n’ai pas le droit de me présenter », déplore-t-il non sans se réjouir des nouvelles évolutions de sa situation. « Mais, il y a eu une évolution extraordinaire. Nous avons enfin obtenu mon certificat de nationalité, indispensable pour me présenter », a-t-il relevé.
Philip KLA
Source Bloomberg news, Sept. 6, 2025